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Notre histoire

Entrée du site Marchant

La création de l’Etablissement s’inscrit dans l’histoire de la psychiatrie française, depuis l’isolement comme fondement des pratiques asilaires jusqu’à la définition de la psychiatrie comme spécialité médicale, jusqu’au mouvement de désinstitutionalisation rendu possible par les progrès de psychopharmacologie et le développement des soins ambulatoires sectorisés.

La conjonction d’une réponse hospitalière à l’accueil des malades mentaux, traduite par la loi du 30 juin 1838 d’inspiration humaniste sur les asiles départementaux et les internements, avec la considération par les aliénistes que la folie est une maladie, consacre le point de départ de la psychiatrie moderne et le début de l’histoire du Centre Hospitalier Gérard Marchant.

Docteur Marchant

Chaque département devait être pourvu d’un asile d’aliénés. L’architecte toulousain Jacques Jean Esquié entreprend de 1852 à 1864 les travaux du futur Asile d’aliénés sur le site de Braqueville. Ce modèle d’architecture hospitalière allie pour l’époque à la fois fonctionnalisme et esthétisme. L’ensemble des 25 bâtiments s’organise dans une symétrie parfaite, séparant les catégories de patients dans des pavillons distincts. À des fins d’économies, il privilégie l’emploi de matériaux régionaux, telle que la grande brique foraine toulousaine, mais également le recours aux patients comme main d’œuvre locale.

C’est le médecin-directeur, Gérard Marchant, disciple d’Esquirol, qui accueillera le 1er juillet 1858 les premiers patients en provenance de l’hôpital toulousain de la Grave. En 1937, lorsque les asiles deviennent des hôpitaux psychiatriques, le nom de Gérard Marchant est donné à l’Etablissement.

Au cours du XXe siècle, l’hôpital connaîtra plusieurs épreuves et transformations, par suite de l’implantation du site industriel voisin (l’Office National Industriel de l’Azote et la Poudrerie Nationale) qui provoquera l’exode des patients. En effet, voué à la production d’armement, le site est la cible de bombardements durant la Seconde Guerre mondiale qui détruisent en 1944 deux quartiers entiers de l’hôpital. Vient ensuite l’époque de la reconstruction entre 1947 et 1961.

Vers 1950, l’arrivée des neuroleptiques va complètement modifier les méthodes de soins et le travail des soignants. À la fin des années 60, le bloc technique comprenant pharmacie, laboratoire, électroencéphalographie, radiographie et consultations est ouvert. Il précède l’inauguration d’un centre social et des activités médiatisées et d’un service pour enfants, avant l’installation de lits d’urgences, d’admission et des places d’hôpitaux de jour.

La mise en place de la sectorisation en 1960, spécificité de la psychiatre française (http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie_de_secteur) impose une refondation majeure de l’hôpital. Avant guerre, l’Etablissement a compté jusqu’à 1 500 patients mais aucun n’était alors soigné en dehors de l’hôpital. Aujourd’hui, 360 patients sont hospitalisés et près de 10 000 soignés à l’extérieur du Centre Hospitalier Gérard Marchant.

Le 19 octobre 1971, l’hôpital devient hôpital public départemental autonome. À partir de là l’établissement sera dirigé par un directeur administratif nommé par le Ministre de la Santé.

L’année 1990 est celle, 150 ans plus tard, de l’adaptation de la loi de 1838 (loi du 27 juin 1990). Cette nouvelle loi s'analyse comme un dispositif complet permettant de mettre fin aux abus de la loi de 1838 résultant du vide juridique existant jusqu’alors, (en effet seuls les patients internés bénéficiaient d'un régime de protection). Elle consacre des droits au patient notamment au niveau des garanties relatives à la liberté individuelle en lui permettant de saisir de sa propre initiative et directement le juge garant de l'application du droit.

Le 21 septembre 2001, en fin de matinée, l’explosion de l’usine AZF, située à 200 mètres du Centre Hospitalier Gérard Marchant, provoque une déflagration si puissante que son souffle arrache portes et fenêtres, rendant inutilisables la plupart des bâtiments. On dénombre 42 blessés parmi le personnel et les 368 patients.
Une nouvelle fois dans son histoire, le site doit être entièrement évacué et les patients sont éparpillés vers différents lieux : une trentaine d’enfants hospitalisés sont dirigés dans un C.M.P. du sud toulousain, rendus à leurs familles ou placés dans des familles d’accueil. Les adultes sont accueillis dans différentes institutions et hôpitaux toulousains, mais également à Albi, Montauban, Saint-Lizier, Lannemezan… Le personnel assure le suivi dans leurs nouveaux lieux d’accueil.
L’explosion entraîne la rénovation de plusieurs bâtiments. Les unités d’hospitalisation sont reconstruites en priorité. Les travaux concernant les services administratifs et techniques sont programmés pour plus tard. Cette tragédie accélère également la politique d’extériorisation des activités de l’hôpital, par la construction de plusieurs structures externes dans Toulouse et le département.

Grâce à l’engagement de tous, les services ont aujourd’hui totalement réintégré le site principal de la route d’Espagne.

 

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